Destiné au départ pour les églises, où leur contemplation était d’usage, ils illuminaient de couleurs l’ensemble de l’église de par leur différentes facettes en plus de leur vocation religieuse et historique. Le vitrail est une technique plus que millénaire. Son travail s’est diversifié et aujourd’hui, il sert avant tout d’élément décoratif, surtout connu grâce à l’artiste Louis-Comfort Tiffany, talentueux américain s’étant enamouré de l’art de maître-verrier et ses fameux luminaires réputés dans le monde entier.

La principale différence avec les vitraux religieux sont la composition de ces derniers. Tandis que les profilés de plomb étaient utilisés pour assembler les différentes parties, ce sont des rubans de cuivre qui entourent le tout, le cuivre étant une matière plus souple. À la clé, c’est une infinie possibilité de travail qui s’offre à la création de chacun. Mais comment donc procéder pour créer un vitrail Tiffany ? Voyons toute ces techniques via l’assemblage d’un vitrail de lampe.

Une base de dessin ou de photo

Il convient avant de commencer le gros œuvre, de pouvoir créer un dessin, de coucher sur une feuille de papier l’idée générale et la vue d’ensemble du vitrail. À une échelle précise, nous voyons le tracé des futures soudures ainsi que la taille et couleurs des différents morceaux de verres qui constitueront le vitrail de la future lampe.
Ces tracés serviront donc de cadre pour assurer de A à Z un repère pour la création. C’est ensuite une maquette qui est recrée suite à ce dessin, à taille réelle cette fois-ci. Constituée de carton, cette maquette permet de calibrer parfaitement la taille de la pièce et permet de s’en référer pour produire des gabarits.
Une fois les tracés finis, il suffit de les découper. Nous obtenons comme une sorte de puzzle, où chaque pièce à sa place et rien ne dépasse ! Il faut donc faire preuve de grande minutie, tous ces gabarits serviront à découper par la suite les morceaux de verre à la forme et taille voulu par le tracé initial.

Découper le verre pour créer des pièces de toutes les couleurs

Grâce à un coupe-verre, chaque morceau de verre est découpé suivant la forme des gabarits précédemment fabriqués. Afin de rendre les bords plus lisses et égalisés, une meuleuse est utilisée sur chaque pièce de verre produite, assurant ainsi un travail bien fini. Vient ensuite la notion de couleurs. Le plus d’un vitrail Tiffany, c’est de pouvoir utiliser plusieurs morceaux de verre et donc de plusieurs couleurs possibles. Afin de les obtenir, nous pouvons soit en acheter des tout faits en commerce ou chez un spécialiste, soit utiliser des oxydes par exemple. Le verre devra alors cuire dans un four à plus de 500 degrés afin d’y voir la couleur fixée.
Une fois tout les morceaux de verre travaillés et prêts à passer à l’étape suivante, chacun d’entre eux est serti avec du cuivre en ruban adhésif. Le travail de meulage revêt ici toute son importance puisque si bien réalisé, ce ruban sera une seconde peau. Une fois les pièces assemblées, ces rubans serviront à souder tout les éléments présents ensembles lors de la soudure.

Monter et assembler les pièces serties

Que faire une fois réalisé toute ces étapes ? Une fois le sertissage terminé, il est temps de créer un support qui servira de base à la soudure définitive. Ce support est crée en trois dimensions, et reprendra donc la forme voulue de la lampe. Une fois la pièce montée sur ce support, il est temps de souder l’ensemble. Cette soudure est réalisée au départ avec l’application d’une eau spéciale, appelée eau à soudure. Cette application se fait sur les rubans de cuivre ayant servi au sertissage. Il suffit ensuite de préparer des baguettes de métal assez fines, composées d’étain.
Très malléable, l’étain sera appliqué avec un fer à souder afin de fixer les parties entre-elles. Il faut donc faire attention à n’avoir aucun défaut ni d’écarts lors de la soudure, et s’assurer d’avoir un flux régulier, sans quoi tout le travail serait ruiné par des défauts et jours disgracieux sur l’ensemble de l’œuvre.

Des finitions artistiques ou simples

Il faut veiller avant d’en venir aux finitions, que les soudures soient propres et qu’aucun défaut n’est présent sur l’ensemble de la réalisation. Il suffit par la suite, si cela est désiré, d’utiliser une sorte de peinture ou plutôt de la patine, sur l’ensemble de la soudure effectuée. Cela aura pour but de masquer la trop grande différence entre l’étain et les possibles différentes couleurs des morceaux de verre. Pour finir, il suffira de traiter les métaux utilisés avec un anti-oxydant. Car l’étain peux rouiller, ce traitement suffira à ce que l’ensemble reste propre avec un rendu neuf, restant propre à travers le temps et garanti sans vieillissement prématuré.

Travailler un vitrail Tiffany n’est pas un travail d’amateur vous l’aurez compris. En plus de disposer de matériel, il faudra user de patience et de concentration. Mais passer autant de temps à soigner ce travail de grande précision en vaudra la chandelle. Le rendu est splendide et ce n’est pas pour rien que les vitraux Tiffany sont une aussi grosse référence en la matière d’art déco.