Clara Driscoll, la conceptrice célèbre dans les luminaires, est née en 1861 en Ohio à Tallmadge. Elle a suivi des études supérieures et elle a ensuite intégré l’école d’art Metropolitan Museum of Art à New York. Après, elle devint directrice chez Tiffany Studios et y resta pendant 20 ans. Elle est conceptrice, mais aussi directrice chez Tiffany, chef d’atelier, artiste et femme d’affaires.

La conceptrice de la lampe avec un abat-jour Tiffany

Les lampes en vitrail ont vu le jour en 1895 aux USA. La découverte de ce genre d’œuvre était attribuée à Louis Comfort Tiffany, expert en vitrail. En plus des luminaires, l’entreprise fabriquait également des abat-jour, des vases, etc.

En embauchant Clara Driscoll, l’établissement a vu son catalogue changé. Le travail de Clara, chez Tiffany Studio, consistait à gérer l’atelier de conception des lampes et des lumières. Elle a conçu plusieurs modèles dont les lampes Wistéria, libellule (Dragonfly), Pivoines, etc. Elle créa aussi des abat-jour en utilisant une matière en feuille de cuivre.

Cela consistait à envelopper les verres de cuivre puis à souder les bords à l’aide de plomb. Clara Driscoll s’occupait de la découpe ainsi que de la création des vitraux utilisés. Son équipe était composée de femmes et a adopté le nom de Tiffany Girls.

La conceptrice a travaillé avec d’autres artistes talentueuses comme Alice Carmen Gouvy ou Lillian Palmié. Alice s’occupait des aquarelles de plantes, de fleurs, de décorations inspirées de la nature.

La popularité de Tiffany Studios tournait autour de lampes fabriquées par l’atelier de Clara Driscoll. Les lampes servaient de luminaires et étaient aussi des objets de décoration. La forme adoptée était unique et artistique.

On y trouvait des lampes de bureau, des lampes de table, des lampes de chevet ainsi que des lampes à motifs animales.

Clara Driscoll et le Studios Tiffany

En travaillant chez Studios Tiffany, Clara Driscoll a eu la charge de la gestion d’un atelier. Elle était dirigeante et responsable des couleurs et des verres utilisés. Elle s’occupait aussi de la découpe et de la réalisation.

Ses œuvres étaient la propriété de Louis Comfort Tiffany. Mais derrière la célébrité de ces œuvres, c’était Clara qui les réalisait. Avant l’arrivée de cette conceptrice chez Tiffany, les modèles et les motifs adoptés par l’entreprise étaient statiques et géométriques.

Clara Driscoll est maintenant reconnue comme étant la réalisatrice de ces œuvres suite à l’analyse des lettres qu’elle a rédigées à ses sœurs et à sa mère. L’analyse a été menée par Martin Eidelberg, Margaret K. Hofer et Nina Gray. Cette correspondance a eu lieu entre 1861 et 1964 et a permis de conclure que c’était Clara l’artiste et non Louis. Les lettres sont maintenant conservées à Queens Historical Society. 

Louis Comfort Tiffany sut tirer le meilleur de ses rencontres, il compris que s'entourer des bonnes personnes lui permettrait d'ouvrir son horizon. Comme sa rencontre avec Thomas Edison qui ont peu le dire, fut un tournant électrique dans sa carrière.

Son œuvre artistique

Clara Driscoll est reconnue comme étant une artiste à part entière. Elle est un maître verrier. Sa cote sur le marché d’art est très élevée. Parmi les œuvres les plus chères réalisées par Clara Driscoll, il y a la lampe Tiffany Wistéria

Lors de sa sortie en magasin, l’article coûtait 450 $. Déjà à cette époque, les œuvres de ce maître verrier étaient reconnues vu leurs prix. En 1905, le prix du Wistéria a augmenté. En effet, la lampe coûtait 492 500 $. La lampe Lotus, quant à elle, atteignait 116 500 $ lors d’une vente aux enchères.

Ces œuvres sont également exposées dans des musées comme le musée de beaux-arts à Montréal. Les photos de ces lampes circulent également partout sur le net. Les matières pour les fabriquer sont le verre, le plomb et le bronze. Ces ouvrages sont aussi exposés dans le musée du New York Historical Society.

Plusieurs abat-jour libellule Dragonfly ont également été présentés durant une exposition universelle de Paris en France et d’autres pendant une exposition à Londres en 1899.

Mais le plus célèbre de ces œuvres, c’est la Lampe Peacock Paon. Elle a été fabriquée en 1905. Cette lampe faisait partie des plus chères du catalogue de Louis Comfort Tiffany. L’estimation du prix est très élevée, car l’article est composé de verres taillés (plus de 1000 pièces). Chaque morceau est ensuite bordé de ruban de cuivre.

Les couleurs du paon ainsi que les motifs des plumes et l’œil sont mis en valeur sur la lampe. Le pied de l’article est décoré par des vrilles de vignes.

Mission Alamo

Clara Driscoll est également une femme d’affaires. Elle faisait partie des femmes les plus payées au monde à son époque étant donné que son salaire pouvait atteindre les 10 000 $. Mais en plus d’être une femme d’affaires, elle est aussi une conservatrice historique.

Elle a fait un don pour aider la mission Alamo à San Antonio. Elle a ensuite été honorée par un marqueur historique du Texas en 1967. Le marqueur a été placé à San Gabriel Ave au 2312. Elle a également été honorée par un autre marqueur du Texas (numéro 1287) en 1978.

La mission Alamo consistait à sauver Alamo appelé également Mision San Antonio de Valero. Il s’agit d’une mission historique espagnole. C’est une forteresse bâtie au 18e siècle. Avant, Alamo était l’endroit de la bataille de l’Alamo.

Les actions de Clara Driscoll à Alamo

Après son retour en Europe vers 1898, Clara Driscoll a été touchée par la situation d’Alamo. Elle a même déclaré dans le Sans Antonio Express qu’il fallait supprimer les obstructions disgracieuses qui se trouvaient près d’Alamo. En 1903, Clara Driscoll a eu la proposition de rejoindre la communauté « les filles de la république du Texas » par Adina Emilia de Zavala.

La communauté voulait récolter des fonds pour acheter la longue caserne Alamo. Clara Driscoll apportait la somme nécessaire pour cet achat. L’état a ensuite approuvé la préservation d’Alamo et a remboursé Clara en 1905. Suite à cela, la caserne, l’église ainsi que la mission ont été remises officiellement aux « filles de la république du Texas ».

Mais malgré cela, des projets de travaux de rénovation ont été entamés par le gouvernement. Clara Driscoll a entamé des actions pour interdire ces travaux. Elle a ensuite obtenu une injonction contre le projet. Suite à cela, depuis 1913, les « filles de la république du Texas » sont devenues gardiennes de la mission.

Clara, de son côté, a continué à travailler pour préserver Alamo. Elle y a consacré toute sa vie. Elle a même investi une fois de plus une somme importante dans la mission, en 1932. Elle a payé 70 000 $ pour acheter plus de propriétés autour du sanctuaire.

Elle continue sa bataille pour le compte d’Alamo, car en 1933, elle a su repousser des ingénieurs qui ont voulu élargir Houston Street et donc, toucher à une partie d’Alamo.

La femme d’affaires a ensuite installé une caserne de pompier près d’Alamo en 1935 et célèbre les centenaires de la mission en 1936. Elle mourut en 1945.